Dépression post-partum

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Message par crazymama le Sam 3 Fév 2007 - 11:33

Salut à toutes les mamans!

Je suis infirmière en psychiatrie, et me suis donc joint à l'équipe de la clinique médicale...
Si vous avez des questions relativement à cette spécialité ou même autres sujets médicals, n'hésiter surtout pas!

La tristesse après l'accouchement : la dépression du post-partum

Les premiers mois suivant un accouchement, plusieurs femmes souffrent d'une grave dépression du post-partum. Non seulement elles sont émotivement incapable de vraiment aimer leus bébé mais elles ont aussi des fantasmes de mettre fin à leur vie et aussi à les leurs.

Les fantasmes liés à la dépression du post-partum (DPP) sont comme un magnétoscope projetant sans arrêt les mêmes images dans leur tête. Elles s'imaginent constamment en train d'échapper leurs enfants et entendre le son de l'impact de leur corps sur le sol.
Dans leurs fantasmes,elle s'approchent de leur berceau et éprouvent un soulagement en constatant qu'il avait été frappé de la mort subite du nourrisson.

Parmi les images types qui traversent l'esprit des femmes souffrant de DPP, il y a le couteau sanglant, le bébé qui chute dans l'escalier ou le bébé dans le four - les scènes les plus horribles que vous pouvez imaginer.
Lorsque, dans leur esprit, le suicide était devenu la seule option " raisonnable ", elles savaient qu'elles avaient besoin d'aide.
Comme la plupart des femmes atteintes de DPP, elles n'auraient probablement jamais passé à l'acte. Leurs fantasmes étaient un symptôme de la maladie, un déséquilibre chimique dans leur cerveau.

C'est en parlant de leur vécu qu'elles ont commencé leur processus de guérison.

Les femmes souffrant de psychose du post-partum font parfois l'expérience d'un état de conscience modifié et peuvent vraiment croire qu'elles entendent des voix qui leur ordonnent de tuer leurs enfants ou de se suicider.
Parfois, une femme souffrant de symptômes de DPP peut voir son état empirer si elle n'est pas traitée et peut éprouver des symptômes de psychose qui peuvent s'amplifier au point où elle peut devenir dangereuse pour elle-même et son enfant.
Il se peut que, elles ait eu peur de décevoir ses amis et sa famille qui s'attendaient à ce qu'elle soit une excellente mère.
Dans notre société, nous offrons très peu de soutien concret aux nouveaux parents, sinon aucun. Souvent, les familles demeurent loin et les nouveaux parents demandent rarement de l'aide puisqu'on s'attend d'eux qu'ils se débrouillent seuls et qu'ils soient heureux de le faire.
D'abord, nos attentes en rapport à la maternité doivent être plus réalistes.
Pour la plupart des femmes, la fonction maternelle ne relève pas de l'instinct, comme on nous l'a appris, mais plutôt d'un apprentissage. Nous oublions que jusqu'à dernièrement, les femmes vivaient dans des communautés où elles bénéficiaient d'un énorme soutien de la part de la famille étendue et des amies.
Les bébés étaient nourris en public et les soins prodigués aux nourrissons étaient un sujet de conversation de tous les jours.
Aujourd'hui, les mères ne bénéficient pas de ce type de soutien et doivent savoir que c'est normal et même admirable de demander de l'aide et de rechercher l'appui des organismes communautaires.
Deuxièmement, en tant que consommatrices, nous devons exiger des soins de santé adéquats.
Au cours de la dernière année, plusieurs participantes d'un groupe de soutien que j'anime ont témoigné qu'on leur a refusé des médicaments pour leur DPP parce qu'elles allaitaient ou qu'on leur a dit qu'elles ne pouvaient prendre des médicaments que si elles interrompaient l'allaitement.
De plus, peu de médecins effectuent un examen approfondi au cours de la visite post-partum à la sixième semaine.
Chaque femme devrait subir un examen pour déceler la DDP, exécuté par son médecin ou la sage femme. Un tel examen doit inclure quatre questions de base : Mangez-vous? Dormez-vous? Sortez-vous de la maison? Avez-vous des pensées qui vous font peur?
Il y a des mères dans notre société qui vivent présentement la même expérience. Si tel est votre cas ou celui d'une femme de votre famille, demandez de l'aide.

Symptômes de la DPP :





  • Avoir de la difficulté à dormir (même quand le bébé dort)
  • Pleurer sans raison
  • N'avoir aucun sentiment ou éprouver trop d'inquiétude envers le bébé
  • Souffrir d'épuisement chronique
  • Vivre de l'irritabilité, de la frustration et des accès de colère
  • Éprouver du désespoir
  • Perdre l'appétit
  • Se sentir inquiète de tout
  • Être submergée par un sentiment de culpabilité
  • Avoir des chaleurs / des palpitations cardiaques
  • Éprouver des sentiments d'angoisse ou de panique
  • S'isoler (éviter la compagnie des amis et de la famille)
  • Avoir des pensées terrifiantes et / ou répétitives concernant soi-même et / ou le bébé

La déprime post-accouchement dure normalement quelques jours à quelques semaines. Donc, si vous ou un membre de votre famille vivez certains des symptômes énumérés ci-haut au-delà de cette durée ou éprouvez des difficultés pendant cette phase de " déprime ", communiquez avec votre professionnel de la santé.


DIX ACTIONS QUI VOUS PERMETTRONT D'AFFRONTER LA DPP
1. Si vous sentez que quelque chose ne va pas, allez chercher de l'aide professionnelle. Ne vous blâmez pas. Vous n'y êtes pour rien! Au moins une femme sur dix est atteinte de dépression du post-partum et plusieurs ne possèdent aucun antécédent de troubles de santé mentale.
2. Essayez de vous reposer lorsque votre bébé dort. Si vos pensées défilent sans arrêt, avisez votre médecin.
3. Essayez de bien manger. Si vous n'avez pas d'appétit, faites-en part à votre médecin ou votre sage femme. Évitez la caféine et l'alcool.
4. Souvenez-vous que les bonnes mères font des erreurs. Souffrir de DPP n'a rien à voir avec vos capacités en tant que mère. C'est une maladie qui peut être traitée et vous devriez être félicitée d'avoir demandé de l'aide. Essayez de ne pas vous comparer à d'autres mères. Évitez les gens avec lesquels vous vous sentez mal.
5. Parlez de ce que vous ressentez avec quelqu'un en qui vous avez confiance. Confiez-vous à votre partenaire et / ou votre famille. Dites aux autres ce qu'ils peuvent faire pour vous aider. Acceptez qu'on vous aide avec votre bébé ou les autres enfants.
6. Ne vous en faites pas si vous avez des sentiments négatifs. Souvenez-vous comment on se sent quand on commence un nouvel emploi. Bien souvent, une personne peut prendre six mois pour s'adapter à un nouveau rôle. La formation de liens affectifs entre mère et enfant nécessite un certain temps et la plupart des mères disent éprouver un sentiment de protection mais non d'amour au cours des six premières semaines. Ces liens n'apparaissent pas du jour au lendemain mais il est certain qu'ils se développeront.
7. Au début, il est normal de ne vivre que des mauvais jours ou seulement quelques bons jours. Bientôt, il y aura plus de bons jours que de mauvais jours. Permettez-vous de Crying or Very sad.
8. Continuez à prendre tous les médicaments qu'on vous a prescrits. Des études démontrent que la plupart des personnes arrêtent de prendre leurs médicaments dans les deux semaines suivant le début de traitement. Continuez à les prendre! Il faut de quatre à six semaines avant que vous ne ressentiez l'effet des antidépresseurs. Parlez-en à votre médecin. Il existe des médicaments que vous pouvez prendre pendant que vous allaitez et qui sont relativement sans danger. Si le fait d'allaiter pendant que vous prenez des médicaments vous inquiète, contactez Motherrisk à la Sick Kids Hospital, à Toronto.
9. Forcez-vous à prendre une marche d'au moins 30 minutes chaque jour. Des études démontrent que l'exercice peut être très efficace pour soulager la dépression. Prenez l'air. Respirez profondément.

10. Joignez-vous à un groupe de parent et / ou de loisirs. Trouvez un groupe de soutien ou un conseiller avec lequel vous vous sentez à l'aise. Si vous n'êtes pas bien dans aucun de ces groupes, n'y allez plus. Faites confiance à votre instinct. Faites part de votre état à votre médecin.
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Message par Calipso le Dim 22 Juin 2008 - 13:44

Si je puis me permettre, je voudrais simplement faire une distinction claire entre les 3 types de 'dépression' qu'une maman peut connaitre après l'accouchement, allant de déprime légère et passagère à la psychose (juste pour synthétiser et vulgariser un peu, mais crazymama, ne te gêne pas de rectifier si quelque chose est erroné Wink)

Le baby-blues est un état dépressif passager qui survient quelques jours après l'accouchement, pour des raisons aussi physique qu'émotionnelle (fatigue, chute hormonale, stress...). Il apparait généralement autour du 3ème jour après l'accouchement et ne va pas au-delà de la 2ème ou 3ème semaine. Il toucherait entre 50 et 70% des femmes selon différentes statistiques...

La dépression post-partum est une dépression particulière liée à la maternité, un état d'anxiété permanent, sentiment de tristesse et d'accablement qui va et vient selon les jours, irritabilité, fatigue, lassitude, désintérêt. La nouvelle maman redoute souvent de se retrouver seule avec son bébé...Il est important que cette dépression soit diagnostiquée rapidement et traitée par le biais d'une thérapie spécifique mère-enfant et une médication appropriée si nécessaire. Elle toucherait 10 à 20% des femmes.

La psychose post-partum est un état de chaos émotionnel qui survient brutalement dans les 2 semaines suivant l'accouchement et qui se caractérise par un état délirant et une agitation extrême, perte de sommeil, perte de mémoire, confusion...C'est comme si la naissance du bébé avait ouvert dans l'esprit de la maman un précipice émotionnel qu'elle n'est plus en mesure de contrôler et qui la submerge. C'est cette psychose qui est souvent à l'origine d'infanticides. Elle nécessite une hospitalisation d'urgence et, une fois l'apaisement des symptômes, une hospitalisation avec présence du bébé dans la chambre serait requise pour aider la mère à passer au travers de ce désordre émotionnel. Ce phénomène reste heureusement rare (1 ou 2 cas environ pour 1000 femmes qui accouchent) mais la conséquence est qu'il est méconnu du grand public et peut causer un fort désarroi dans l'entourage immédiat de la femme qui vit cette 'psychose'.
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Message par Invité le Lun 23 Juin 2008 - 8:02

Je m'incruste juste pour vous donner le lien du tes" post partum"!!! il vous pose une multitude de questions. C,est quasi identique à ce que le docteur peut te poser!!!
http://www.servicevie.com/02sante/Test_medical/Test02042001/test02042001.html

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