Faut-il s'inquiéter de la sexualité de nos ados?
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Faut-il s'inquiéter de la sexualité de nos ados?
Faut-il s'inquiéter de la sexualité de nos ados?
Banalisation de certains gestes érotiques, consommation précoce de pornographie, relations à plusieurs partenaires... Faut-il s'inquiéter des pratiques sexuelles de nos adolescents?
Par Julie Leduc
À l'aide d'une webcam, une ado de 15 ans se filme nue en train de se caresser et envoie le document à un garçon de 17 ans dont elle est amoureuse. L'adolescent transmet la vidéo à ses amis, les images font le tour de l'école et la réputation de la fille est entachée au point où elle doit changer d'établissement scolaire. Une histoire à faire frémir tous les parents, et qui illustre un phénomène alarmant, selon Francine Duquet, sexologue spécialisée dans l'éducation à la sexualité des jeunes et professeure au département de sexologie de l'UQAM. «Pourquoi cette adolescente n'a-t-elle pas choisi de s'intéresser au garçon en assistant à ses parties de hockey, par exemple? Elle a plutôt pensé à un comportement sexuel pour attirer son attention. Certaines filles croient qu'elles doivent absolument se transformer en bombe sexuelle pour séduire, c'est inquiétant.»
Heureusement, ce genre de comportement demeure marginal, tout comme les expériences sexuelles à trois ou quatre partenaires et le phénomène des fuck friends, ces amis qui ont des relations sexuelles sans entretenir de relation amoureuse. «Ces pratiques ne sont pas généralisées. Cependant, elles nous sont de plus en plus rapportées. Et on remarque une banalisation de certains gestes, comme la fellation.» C'est aussi l'avis de Micheline Picard, infirmière scolaire pour le Centre de santé et de services sociaux du Suroît, dans la région de Valleyfield.
«Une majorité d'adolescents vivent une sexualité saine, mais j'observe une augmentation des cas inquiétants depuis cinq ans. J'ai rencontré des filles qui n'avaient pas encore embrassé de garçons mais qui pratiquaient des fellations, une adolescente qui avait eu une pénétration anale comme première relation sexuelle... Ce qui me frappe le plus, c'est que les filles sont prêtes à beaucoup pour faire plaisir aux garçons, en oubliant complètement leur propre désir.»
Une des principales craintes des parents, surtout en ce qui concerne leurs adolescentes, c'est qu'elles ne subissent des pressions pour avoir des relations sexuelles alors qu'elles ne sont pas encore prêtes. Quand Suzanne a reçu un appel de l'infirmière scolaire qui l'informait que sa fille de 13 ans et demi souhaitait prendre la pilule contraceptive, ça a été le choc. «Un peu plus et je n'étais pas mise au courant parce qu'à partir de 14 ans, les adolescentes peuvent obtenir la pilule sans le consentement de leurs parents. Ça a été l'occasion d'aborder le sujet avec ma fille. Je trouve qu'à l'école on lui a peu parlé des sentiments qui entourent les relations sexuelles. Je constate que ma fille, comme bien d'autres adolescentes, confond souvent un besoin de tendresse et d'affection avec la sexualité.»
L'effet porno
D'un autre côté, les jeunes ont la mentalité du plaisir instantané. Selon Micheline Picard, «la société de consommation se reflète jusque dans la sexualité.» Le fait que la pornographie soit de plus en plus accessible, surtout par Internet, n'aide pas les choses. La sexologue Jocelyne Robert, qui vient de publier Le sexe en mal d'amour, un ouvrage traitant entre autres de l'influence de la pornographie sur les comportements sexuels, estime que la porno propose aux adolescents un modèle sexuel sans valeur. «Dans ces films, ce sont toujours les filles qui servent d'instrument du plaisir, qui sont au service de l'autre. Il faut dénoncer ce phénomène. Je reçois des courriels d'adolescentes qui me demandent par exemple comment faire une bonne pipe, s'il est nécessaire d'avaler le sperme et s'il faut faire les trois trous la première fois. Ça, c'est l'effet de la porno.»
Le clavardage sexuel aussi gagne du terrain. «Les jeunes demeurent naïfs, rappelle Latifa Boujallabia, sexologue clinicienne et intervenante à Tel-Jeunes. Cette innocence est très saine, mais, malheureusement, certains en profitent. Avec les nouvelles technologies, cette forme d'exploitation devient envahissante.»
Francine Duquet signale le cas d'une jeune fille de 13 ans qui utilisait le pseudonyme Cochonne pour clavarder avec un garçon qui disait vouloir «lui mettre sa grosse bite dans la bouche». «J'ai conseillé à la mère d'imprimer tout ce que sa fille avait écrit et de revoir ça avec elle. On ne peut pas la laisser découvrir la sexualité avec une image aussi vulgaire!»
Avoir 12 ou 15 ans en 2005, ce n'est pas si différent d'il y a 20 ans, rappelle la Dre Laroque. «Les jeunes commencent un apprentissage de la vie. Et certaines choses ne changeront jamais: leur pensée magique, une certaine immaturité intellectuelle, un goût du risque très présent, qui font qu'ils n'intègrent pas toujours l'information correctement.»
Parler d'amour
Comment les parents peuvent-ils aider leurs enfants à découvrir la sexualité de façon saine et sécuritaire? Les spécialistes s'entendent pour dire qu'il faut les amener à se recentrer sur les relations humaines et amoureuses. «Comme les ados ont accès à une sexualité très technique, axée sur la performance et l'action, ils ne prennent pas le temps de réfléchir à ce qu'ils ressentent», indique Mme Duquet. La Dre Larocque partage les mêmes convictions. «On explique beaucoup la génitalité, l'acte de pénétration, les MTS, etc. Mais la sexualité, c'est d'abord un rapport humain, un lieu de créativité et de plaisir! Cet aspect est rarement abordé alors qu'il devrait l'être d'emblée.»
Surtout, il ne faut pas jeter la serviette en se disant que nos ados savent déjà tout. Au contraire, l'éducation sexuelle est plus importante que jamais, et les parents en sont les premiers responsables. «Il faut dire aux jeunes qu'ils ont droit à la sexualité et au plaisir, mais pas n'importe comment et pas au détriment de l'autre, soutient Jocelyne Robert. On doit amener nos filles à ne dire oui que losqu'elles en ont vraiment envie, et nos garçons à comprendre que leur liberté sexuelle s'arrête là où commence celle de l'autre.»
Pour Isabelle, mère d'une adolescente de 16 ans, il était nécessaire que sa fille comprenne l'importance d'avoir des relations sexuelles dans un climat de confiance. «Je lui disais d'attendre d'être bien avec le garçon et j'ai insisté sur l'importance qu'elle ne se sente jamais obligée de faire quelque chose. Je voulais qu'elle soit capable de dire non, si elle n'était pas prête. Souvent les jeunes passent à l'acte rapidement. J'ai dit à ma fille qu'il y a plein de trucs à explorer et que parfois, simplement s'embrasser, ça peut être beaucoup!»
Avec les élèves qui la consultent, Micheline Picard se sert parfois de ses souvenirs de jeunesse pour aborder l'aspect de la sensualité. «Je leur raconte que, quand j'étais jeune, c'était long avant qu'on puisse même toucher la main de notre amoureux. La première fois que ça arrivait, c'est incroyable toutes les sensations qui traversaient notre corps.»
Comment en parler?
Selon Mme Robert, le rôle des parents consiste surtout à rivaliser avec ce qui circule comme information en corrigeant les faussetés. «Les jeunes sont soulagés quand on leur dit que, dans les films pornos, les organes génitaux sont maquillés, que les pénis sont maintenus en érection par des pompes péniennes, que dans la réalité un gars n'est pas une machine distributrice d'orgasmes et qu'une vraie fille ne réagit pas en hurlant comme dans ces films.»
Elle conseille aux parents d'aborder le plaisir simplement, en expliquant que, dans la vraie vie, la sexualité comporte des émotions qui peuvent nous faire perdre tous nos moyens, et que c'est bien que cela se passe ainsi. Ils peuvent aussi souligner, par exemple, qu'une fille a des orgasmes, mais qu'elle doit d'abord connaître son corps et montrer au garçon ce qu'elle aime.
Jocelyne Robert reconnaît toutefois qu'il peut être difficile d'aborder les questions de sexualité avec nos jeunes. «C'est normal que les ados n'aient pas envie de parler de leur intimité avec leurs parents. On doit trouver l'équilibre entre l'envahissement et l'indifférence. Ce qui est important, c'est de signifier à notre ado qu'on est ouverte à la discussion, tout en évitant les questions d'enquête telles que: "As-tu commencé à avoir des relations sexuelles?" On lui dit plutôt: "J'aimerais que ça se passe bien pour toi la première fois que tu vas faire l'amour; si je peux t'aider ou si tu veux en parler, je suis là." On peut aussi profiter d'un film, d'un livre ou d'un truc vu ensemble sur Internet pour aborder certains sujets. Et il faut s'intéresser à la pornographie qu'ils regardent sur le Web, pas pour les condamner ni pour les juger, mais pour leur rappeler que, dans la vraie vie, ça ne se passe pas comme ça.»
Lorsque Lorraine a découvert par hasard une boîte de condoms dans le sac d'école de son fils de 14 ans, ce fut la surprise. «Je ne pouvais pas croire qu'il était déjà rendu là, sans que je le sache. Il avait une petite copine, mais rien de sérieux, et, honnêtement, je trouvais qu'il était encore jeune pour avoir des relations sexuelles.J'en ai parlé avec lui pour savoir où il en était, mais je le sentais vraiment mal à l'aise. Ce n'est pas toujours facile de trouver les bons mots. Je lui ai fait comprendre que j'étais ouverte à en parler, mais j'ai aussi acheté des livres sur la sexualité des adolescents pour qu'il puisse s'y référer en toute intimité.»
De son côté, c'est en s'intéressant aux amies de sa fille de 16 ans que Line a pu avoir avec elle de bonnes discussions sur la sexualité. «Elle me parlait d'une copine qui avait couché très rapidement avec son chum pour pouvoir le garder, ce qui a déclenché des mises au point sur le respect de soi et sur l'importance de réserver sa première relation sexuelle pour quelqu'un qu'on aime. Ma fille se sentait anormale parce qu'elle n'avait pas encore fait l'amour.»
La Dre Larocque soutient qu'en gardant de bonnes relations avec son ado, on s'assure généralement que les choses se passent bien pour lui. «Quand un jeune a de bonnes relations avec ses parents, il y a comme un élastique qui l'empêche de transgresser certaines limites. S'il se sent aimé, il se rend compte à un certain moment qu'il doit prendre soin de lui.»
Cet article est tiré de l'édition de juin 2005 du magazine Coup de pouce.
Banalisation de certains gestes érotiques, consommation précoce de pornographie, relations à plusieurs partenaires... Faut-il s'inquiéter des pratiques sexuelles de nos adolescents?
Par Julie Leduc
À l'aide d'une webcam, une ado de 15 ans se filme nue en train de se caresser et envoie le document à un garçon de 17 ans dont elle est amoureuse. L'adolescent transmet la vidéo à ses amis, les images font le tour de l'école et la réputation de la fille est entachée au point où elle doit changer d'établissement scolaire. Une histoire à faire frémir tous les parents, et qui illustre un phénomène alarmant, selon Francine Duquet, sexologue spécialisée dans l'éducation à la sexualité des jeunes et professeure au département de sexologie de l'UQAM. «Pourquoi cette adolescente n'a-t-elle pas choisi de s'intéresser au garçon en assistant à ses parties de hockey, par exemple? Elle a plutôt pensé à un comportement sexuel pour attirer son attention. Certaines filles croient qu'elles doivent absolument se transformer en bombe sexuelle pour séduire, c'est inquiétant.»
Heureusement, ce genre de comportement demeure marginal, tout comme les expériences sexuelles à trois ou quatre partenaires et le phénomène des fuck friends, ces amis qui ont des relations sexuelles sans entretenir de relation amoureuse. «Ces pratiques ne sont pas généralisées. Cependant, elles nous sont de plus en plus rapportées. Et on remarque une banalisation de certains gestes, comme la fellation.» C'est aussi l'avis de Micheline Picard, infirmière scolaire pour le Centre de santé et de services sociaux du Suroît, dans la région de Valleyfield.
«Une majorité d'adolescents vivent une sexualité saine, mais j'observe une augmentation des cas inquiétants depuis cinq ans. J'ai rencontré des filles qui n'avaient pas encore embrassé de garçons mais qui pratiquaient des fellations, une adolescente qui avait eu une pénétration anale comme première relation sexuelle... Ce qui me frappe le plus, c'est que les filles sont prêtes à beaucoup pour faire plaisir aux garçons, en oubliant complètement leur propre désir.»
Une des principales craintes des parents, surtout en ce qui concerne leurs adolescentes, c'est qu'elles ne subissent des pressions pour avoir des relations sexuelles alors qu'elles ne sont pas encore prêtes. Quand Suzanne a reçu un appel de l'infirmière scolaire qui l'informait que sa fille de 13 ans et demi souhaitait prendre la pilule contraceptive, ça a été le choc. «Un peu plus et je n'étais pas mise au courant parce qu'à partir de 14 ans, les adolescentes peuvent obtenir la pilule sans le consentement de leurs parents. Ça a été l'occasion d'aborder le sujet avec ma fille. Je trouve qu'à l'école on lui a peu parlé des sentiments qui entourent les relations sexuelles. Je constate que ma fille, comme bien d'autres adolescentes, confond souvent un besoin de tendresse et d'affection avec la sexualité.»
L'effet porno
D'un autre côté, les jeunes ont la mentalité du plaisir instantané. Selon Micheline Picard, «la société de consommation se reflète jusque dans la sexualité.» Le fait que la pornographie soit de plus en plus accessible, surtout par Internet, n'aide pas les choses. La sexologue Jocelyne Robert, qui vient de publier Le sexe en mal d'amour, un ouvrage traitant entre autres de l'influence de la pornographie sur les comportements sexuels, estime que la porno propose aux adolescents un modèle sexuel sans valeur. «Dans ces films, ce sont toujours les filles qui servent d'instrument du plaisir, qui sont au service de l'autre. Il faut dénoncer ce phénomène. Je reçois des courriels d'adolescentes qui me demandent par exemple comment faire une bonne pipe, s'il est nécessaire d'avaler le sperme et s'il faut faire les trois trous la première fois. Ça, c'est l'effet de la porno.»
Le clavardage sexuel aussi gagne du terrain. «Les jeunes demeurent naïfs, rappelle Latifa Boujallabia, sexologue clinicienne et intervenante à Tel-Jeunes. Cette innocence est très saine, mais, malheureusement, certains en profitent. Avec les nouvelles technologies, cette forme d'exploitation devient envahissante.»
Francine Duquet signale le cas d'une jeune fille de 13 ans qui utilisait le pseudonyme Cochonne pour clavarder avec un garçon qui disait vouloir «lui mettre sa grosse bite dans la bouche». «J'ai conseillé à la mère d'imprimer tout ce que sa fille avait écrit et de revoir ça avec elle. On ne peut pas la laisser découvrir la sexualité avec une image aussi vulgaire!»
Avoir 12 ou 15 ans en 2005, ce n'est pas si différent d'il y a 20 ans, rappelle la Dre Laroque. «Les jeunes commencent un apprentissage de la vie. Et certaines choses ne changeront jamais: leur pensée magique, une certaine immaturité intellectuelle, un goût du risque très présent, qui font qu'ils n'intègrent pas toujours l'information correctement.»
Parler d'amour
Comment les parents peuvent-ils aider leurs enfants à découvrir la sexualité de façon saine et sécuritaire? Les spécialistes s'entendent pour dire qu'il faut les amener à se recentrer sur les relations humaines et amoureuses. «Comme les ados ont accès à une sexualité très technique, axée sur la performance et l'action, ils ne prennent pas le temps de réfléchir à ce qu'ils ressentent», indique Mme Duquet. La Dre Larocque partage les mêmes convictions. «On explique beaucoup la génitalité, l'acte de pénétration, les MTS, etc. Mais la sexualité, c'est d'abord un rapport humain, un lieu de créativité et de plaisir! Cet aspect est rarement abordé alors qu'il devrait l'être d'emblée.»
Surtout, il ne faut pas jeter la serviette en se disant que nos ados savent déjà tout. Au contraire, l'éducation sexuelle est plus importante que jamais, et les parents en sont les premiers responsables. «Il faut dire aux jeunes qu'ils ont droit à la sexualité et au plaisir, mais pas n'importe comment et pas au détriment de l'autre, soutient Jocelyne Robert. On doit amener nos filles à ne dire oui que losqu'elles en ont vraiment envie, et nos garçons à comprendre que leur liberté sexuelle s'arrête là où commence celle de l'autre.»
Pour Isabelle, mère d'une adolescente de 16 ans, il était nécessaire que sa fille comprenne l'importance d'avoir des relations sexuelles dans un climat de confiance. «Je lui disais d'attendre d'être bien avec le garçon et j'ai insisté sur l'importance qu'elle ne se sente jamais obligée de faire quelque chose. Je voulais qu'elle soit capable de dire non, si elle n'était pas prête. Souvent les jeunes passent à l'acte rapidement. J'ai dit à ma fille qu'il y a plein de trucs à explorer et que parfois, simplement s'embrasser, ça peut être beaucoup!»
Avec les élèves qui la consultent, Micheline Picard se sert parfois de ses souvenirs de jeunesse pour aborder l'aspect de la sensualité. «Je leur raconte que, quand j'étais jeune, c'était long avant qu'on puisse même toucher la main de notre amoureux. La première fois que ça arrivait, c'est incroyable toutes les sensations qui traversaient notre corps.»
Comment en parler?
Selon Mme Robert, le rôle des parents consiste surtout à rivaliser avec ce qui circule comme information en corrigeant les faussetés. «Les jeunes sont soulagés quand on leur dit que, dans les films pornos, les organes génitaux sont maquillés, que les pénis sont maintenus en érection par des pompes péniennes, que dans la réalité un gars n'est pas une machine distributrice d'orgasmes et qu'une vraie fille ne réagit pas en hurlant comme dans ces films.»
Elle conseille aux parents d'aborder le plaisir simplement, en expliquant que, dans la vraie vie, la sexualité comporte des émotions qui peuvent nous faire perdre tous nos moyens, et que c'est bien que cela se passe ainsi. Ils peuvent aussi souligner, par exemple, qu'une fille a des orgasmes, mais qu'elle doit d'abord connaître son corps et montrer au garçon ce qu'elle aime.
Jocelyne Robert reconnaît toutefois qu'il peut être difficile d'aborder les questions de sexualité avec nos jeunes. «C'est normal que les ados n'aient pas envie de parler de leur intimité avec leurs parents. On doit trouver l'équilibre entre l'envahissement et l'indifférence. Ce qui est important, c'est de signifier à notre ado qu'on est ouverte à la discussion, tout en évitant les questions d'enquête telles que: "As-tu commencé à avoir des relations sexuelles?" On lui dit plutôt: "J'aimerais que ça se passe bien pour toi la première fois que tu vas faire l'amour; si je peux t'aider ou si tu veux en parler, je suis là." On peut aussi profiter d'un film, d'un livre ou d'un truc vu ensemble sur Internet pour aborder certains sujets. Et il faut s'intéresser à la pornographie qu'ils regardent sur le Web, pas pour les condamner ni pour les juger, mais pour leur rappeler que, dans la vraie vie, ça ne se passe pas comme ça.»
Lorsque Lorraine a découvert par hasard une boîte de condoms dans le sac d'école de son fils de 14 ans, ce fut la surprise. «Je ne pouvais pas croire qu'il était déjà rendu là, sans que je le sache. Il avait une petite copine, mais rien de sérieux, et, honnêtement, je trouvais qu'il était encore jeune pour avoir des relations sexuelles.J'en ai parlé avec lui pour savoir où il en était, mais je le sentais vraiment mal à l'aise. Ce n'est pas toujours facile de trouver les bons mots. Je lui ai fait comprendre que j'étais ouverte à en parler, mais j'ai aussi acheté des livres sur la sexualité des adolescents pour qu'il puisse s'y référer en toute intimité.»
De son côté, c'est en s'intéressant aux amies de sa fille de 16 ans que Line a pu avoir avec elle de bonnes discussions sur la sexualité. «Elle me parlait d'une copine qui avait couché très rapidement avec son chum pour pouvoir le garder, ce qui a déclenché des mises au point sur le respect de soi et sur l'importance de réserver sa première relation sexuelle pour quelqu'un qu'on aime. Ma fille se sentait anormale parce qu'elle n'avait pas encore fait l'amour.»
La Dre Larocque soutient qu'en gardant de bonnes relations avec son ado, on s'assure généralement que les choses se passent bien pour lui. «Quand un jeune a de bonnes relations avec ses parents, il y a comme un élastique qui l'empêche de transgresser certaines limites. S'il se sent aimé, il se rend compte à un certain moment qu'il doit prendre soin de lui.»
Cet article est tiré de l'édition de juin 2005 du magazine Coup de pouce.
Marie-Lu- Invité
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par Marie-Lu le Lun 12 Juin 2006 - 11:27