Que faire de nos enfants rebelles?

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Message par Marie-Lu le Sam 30 Sep 2006 - 10:24

Avez-vous parfois la nette impression d’élever des dictateurs en culottes courtes? D’avoir le sentiment que le chef d’orchestre, dans votre maisonnée, ce n’est pas vous, mais la marmaille frondeuse à qui vous tentez d’inculquer des valeurs et des principes? Voici le point de vue d’experts en éducation et des conseils pratiques pour éviter que votre domicile ne se transforme en champ de bataille.
Par Isabelle PauzéParution
Octobre 2006


Genèse de la rébellion enfantine

Les difficultés liées à l’autorité apparaissent en général vers deux ans, lorsque les enfants entrent dans la fameuse phase du non. «À cet âge, les tout-petits veulent affirmer leur volonté sur le monde, alors que les parents leur imposent des limites, observe le psychologue François Dumesnil. Cela entraîne forcément des confrontations. L’ennui, c’est que bon nombre d’adultes considèrent qu’il s’agit simplement d’une phase. Ils se contentent donc d’attendre qu’elle passe.» Or, si l’attitude de l’enfant n’est pas corrigée et si des balises ne sont pas mises en place, les problèmes s’installent de façon prolongée. Pourtant, la désobéissance est en soi une réaction normale et saine. «Un enfant qui nous écoute systématiquement, qui reste dans son coin et ne s’oppose jamais, ce n’est pas naturel et ça dénote un manque de caractère certain», estime la psychoéducatrice Corinne Cartier. En fait, tout est question de mesure. Ainsi, les parents doivent s’inquiéter lorsque leurs chérubins réagissent de façon exagérée à des refus ou à des frustrations, lorsqu’ils tentent constamment de dépasser les limites, ou encore lorsque leurs problèmes de comportement débordent le cadre de la maison et posent des difficultés à l’école, au service de garde, chez les amis, etc.

Et les parents, alors?

Les parents d’aujourd’hui ont-ils plus de mal avec leurs rejetons que ceux des générations précédentes? Oui, croit François Dumesnil, qui avance des raisons historiques pour expliquer ce phénomène: «Autrefois, les parents subissaient une pression socioreligieuse qui dictait, en quelque sorte, les normes à respecter en fait d’éducation. L’art d’être parent était soumis à cette hégémonie, car tous se conformaient au même moule.» Or, cette autorité n’existe plus, et les adultes d’aujourd’hui, qui ont grandi dans un environnement coercitif qu’ils ne veulent pas reproduire, manquent maintenant de modèles pour élever leur marmaille. En conséquence, nombreux sont ceux qui ont de la difficulté à encadrer leurs jeunes et à leur faire face. «Ils craignent souvent de dire non ou de punir, car ils auraient le sentiment d’opprimer ou de brimer leurs jeunes, croit M. Dumesnil. Il est également fréquent qu’ils craignent d’être rejetés par leur progéniture, alors qu’ils sont constamment en quête de leur affection. Cette peur les empêche d’assumer pleinement leur rôle.» Les parents qui manquent d’autorité sont souvent fatigués et stressés. Et parce qu’ils sont à bout de souffle, ceux qui passent peu de temps à la maison ont tendance à compenser leur absence par des moyens matériels. «Et quand la culpabilité devient un moteur, toutes sortes d’excès peuvent en découler», prévient Corinne Cartier. Michel Delagrave, travailleur social au Centre de santé et de services sociaux de la Vieille Capitale, pointe du doigt l’instabilité des couples et des familles pour expliquer la dérive de l’autorité parentale. «Certains refusent d’assumer les frustrations inhérentes à leur responsabilité; ils veulent à tout prix faire le bonheur de leur enfant en se mettant littéralement à leur service. En agissant ainsi, ils entrent dans une relation amicale et perdent de vue l’aspect éducatif de leur rôle», soutient-il.



Autorité = sécurité

Tous les spécialistes interrogés s’entendent pour dire que l’autorité, terme honni et concept des plus impopulaires dans la société actuelle, revêt pourtant une importance cruciale. «Encadrer un enfant en tenant compte de ses besoins n’est jamais préjudiciable. Au contraire, c’est fondamental», avance François Dumesnil. Corinne Cartier abonde dans le même sens: «Pour un enfant, l’autorité est synonyme de sécurité affective. Ainsi, quand ses parents lui interdisent quelque chose, il peut en ressentir de la frustration, mais le message qu’il intègre, c’est que son bien-être et sa sécurité sont indispensables.» La relation parents-enfants n’est pas un rapport égalitaire, en ce sens que les premiers et les seconds n’ont pas la même fonction. Michel Delagrave illustre ce fon- dement par une métaphore: «Il faut trois ingrédients à une plante pour croître, explique-t-il. De la bonne terre, des soins réguliers et un tuteur, pour qu’elle pousse droite. Il en va de même d’un enfant. Il a besoin d’amour, d’attention et d’encadrement. Si l’un de ces éléments fait défaut, il ne s’épanouira pas entièrement. L’amour seul ne suffit pas.»

Des conséquences nécessaires

Si nous voulons nous faire obéir, nous devons joindre le geste à la parole. Selon François Dumesnil, nous ne pouvons pas nous contenter de dire à un enfant qu’il ne doit pas manger avant le souper ou qu’il doit faire ses devoirs en rentrant de l’école. Si une consigne n’est pas respectée, nous devons sévir: «La punition constitue une "prothèse temporaire"; on y a recours jusqu’à ce que la conscience du jeune soit assez développée pour qu’il comprenne lui-même ce qu’on attend de lui», précise le psychologue. Loin d’être nuisible, elle peut au contraire se révéler salutaire si elle est utilisée judicieusement. «L’enfant n’a pas besoin que sa mère ou son père devienne un ami, confirme la psychoéducatrice Louise Beaudin. Il lui faut pouvoir compter sur quelqu’un qui prend des décisions dans son intérêt et lui dit comment se comporter. Plus un enfant sent que ses parents sont fermes et qu’ils ont le contrôle, moins il vit d’anxiété.»

Des stratégies gagnantes pour une maisonnée plaisante

Quelle attitude les parents doivent-ils adopter pour faire en sorte que leurs demandes soient respectées et que les relations entre les petits et les grands soient saines et gratifiantes pour tous? Voici les conseils de nos quatre experts:
Établissez des routines et soyez-y fidèles! La régularité dans les demandes, la constance et la cohérence dans la discipline favorisent assurément une vie familiale harmonieuse.


Instaurez un consensus entre les deux parents. Les jeunes sont imbattables pour déceler les mésententes entre papa et maman au sujet des méthodes d’éducation. Et ils auront vite fait d’exploiter cette faille.

Prenez souvent votre enfant en «flagrant délit de bonne action» et félicitez-le.


N’attendez pas que votre garnement ait été franchement impoli ou agressif avant d’agir et ne tentez pas de minimiser ses attitudes désagréables.


Intervenez systématiquement lorsqu’un enfant crie, se jette par terre, lance des objets, frappe autrui ou se frappe lui-même.


Instaurez un système d’émulation, ce qui consiste, par définition, à pratiquer le renforcement positif.


Puisque tout commence à la maison, imposez en tout temps à vos angelots le respect des règles et des individus.


Prenez le temps d’expliquer vos décisions, mais ne vous perdez pas en justifications devant vos chérubins. C’est à vous de mettre en place des balises et à eux de les respecter.


Souvenez-vous qu’il est dans la nature de l’enfant de chercher à dépasser les limites. Or, plus la patinoire sur laquelle on le laisse évoluer est vaste, plus il ira loin avant de heurter les bandes.


Enfin, n’oubliez pas que les élèves de maternelle qui sont réfractaires à l’autorité sont ceux à qui l’on n’a pas imposé de limites et à qui l’on n’a pas suffisamment dit non lorsqu’ils avaient deux ans.


Les adultes ont deux aptitudes que les enfants ne possèdent pas: la faculté de se mettre à l’écoute d’autrui et celle de voir plus loin que le besoin du moment. Pendant une vingtaine d’années, les parents devront transmettre ces valeurs aux jeunes êtres dont ils sont responsables. Leur travail, en fin de compte, est d’être un guide, un phare, et de porter sur eux un regard à la fois lucide et sensible, de manière à les faire prendre conscience de leur valeur et à leur permettre de l’incarner véritablement.



Turbulent, hyperactif ou présentant des troubles de comportement?

Tous les enfants déplacent de l’air, mais certains le font plus que d’autres, parfois au point où la situation devient problématique. Comment reconnaître les comportements qui demandent une attention particulière? Voici quelques pistes.

Le turbulent s’exprime souvent bruyamment, il a besoin de prendre part à l’action, mais il n’est pas nécessairement enclin à l’opposition. Dans ses jeux, il parvient à s’organiser; il peut fonctionner à l’école. Pourtant, son comportement dérange parfois certaines personnes.

L’hyperactif s’agite pour s’agiter, sans but précis et de façon imprévisible. Il est incapable de maîtriser son impulsivité. Actuellement, certaines recherches laissent soupçonner une cause physiologique touchant les neurotransmetteurs. Un pédopsychiatre peut diagnostiquer l’hyperactivité.

L’enfant qui présente des troubles de comportement, ou ce que Michel Delagrave appelle des «troubles oppositionnels avec provocation», adopte un ensemble de comportements qui vont de la résistance à l’hostilité en passant par la désobéissance. Le plus souvent, il refuse de faire des compromis; il ne tient aucun compte des directives et enfreint les règles de façon délibérée. Cette tendance peut être amplifiée par un environnement familial incohérent. Il faut y porter une attention particulière, car ce trouble peut constituer l’indice d’une dépression qui sévira plus tard dans la vie du sujet.


Pour en savoir plus

* Questions de parents responsables, de François Dumesnil, Éditions de l’Homme, 2004

* Parents responsables, enfants équilibrés, de François Dumesnil, Éditions de l’Homme, 2003

* Ados, mode d’emploi, de Michel Delagrave, Éditions de l’Hôpital Sainte-Justine, 2005

Sources: http://femmeplus.canoe.com/societe/article1/2006/09/27/1905932-fp.html

Marie-Lu
Invité


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Message par phed le Sam 30 Sep 2006 - 10:27

Yé tres intéressant!!

phed
Invité


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